Représentation du paradis, l’art baroque a essaimé en son temps sur le territoire de Savoie Mont Blanc, émaillant le paysage de petites chapelles aux intérieurs dorés à souhait et d’églises montagnardes recelant des volutes et des sculptures éclatantes de couleurs et d’or. Issu de la Contre-réforme, le baroque avec ses naïvetés et ses excès ne manque pas de toucher et d’émerveiller les visiteurs. Partons à la découverte de son histoire et ses trésors, accessible à travers différents itinéraires en Savoie et Haute-Savoie. 

Un art qui ne laisse pas indifférent

Comment le pourrait-il, lui qui brille même dans la pénombre, jette ses couleurs au visage du visiteur et exhibe une profusion qui donne le tournis ?

L’art baroque attire les regards, étonne et fascine.

S’il affiche une ostentation certaine dans les grandes villes, il affirme ici sa discrétion et sa modération. En Savoie et Haute-Savoie, aux XVIIe et XVIIIe siècles, la foi des habitants et le talent d’artistes souvent locaux ont permis l’émergence de véritables joyaux.

On ne trouve pas ici de baroque aussi clinquant et pesant que dans les zones urbaines car il n’a pas été porté par de riches mécènes, mais par les populations elles-mêmes

explique Sylvie Gotteland, guide conférencière à la FACIM (Fondation d’action culturelle internationale en montagne). 

Des itinéraires dédiés

Inaugurés en 1992, les Chemins du baroque ® sont précurseurs d'une nouvelle forme d'itinéraires de tourisme culturel.

Plus de 90 sites « chemins du baroque » sont à découvrir. Également à parcourir en Haute-Savoie, le sentier du baroque du pays du Mont Blanc. 

Découvrir les chemins du Baroque

Eglise de Saint-Nicolas-la-Chapelle

Une histoire étonnante

À la fin du Moyen-âge, le succès remporté par les réformes protestantes oblige l'Église catholique à engager sa propre réforme, elle sera baroque.

Lors du Concile de Trente (1545/1563), elle réaffirme l’importance de l’imagerie religieuse. Le renouveau spirituel trouve alors écho dans la Renaissance artistique italienne et s’accompagne de courbes, de trompe-l’œil, de colonnes torses et d’une profusion d’ornements. 

Dès le début du 17e siècle, les évêques accompagnent les communautés paroissiales dans le vaste mouvement de reconstruction et d'embellissement des édifices. Un véritable projet de société puisque l’initiative des travaux effectués, le choix des artisans et des artistes reviennent aux habitants des paroisses. Naissent de ces chantiers un lien et une fierté unissant les habitants. 

Les églises et chapelles d'origine médiévale sont agrandies ou transformées selon un plan presque identique.

D'apparence extérieure sobre, l'église baroque abrite au fond du chœur un mur d'images, véritable catéchisme illustré.

Ce retable, sculpté dans du pin cembro, s’organise autour du tabernacle. Deux panneaux latéraux rythmés généralement par des colonnes torses, encadrent le panneau central peint ou sculpté. 

Le détail du retable met en scène les personnages clés de la religion catholique dont les représentations peintes ou sculptées sont accompagnées d’une ribambelle d'angelots gracieux et souriants.  

Détail intérieur église d'Avrieux - Maurienne
Angelots - église de Beaufort

Source : Fondation FACIM